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Turquie

Eren Keskin

Avocat Turquie
Emprisonné

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Causes défendues :

Le harcèlement judiciaire à l’encontre d’Eren Keskin se poursuit.

29 mai 2019.

Eren Keskin est avocate et co-présidente de l’Association turque des droits de l’Homme (IHD). Elle a fondé en 1997 un bureau d’aide juridique dédié aux femmes abusées sexuellement ou violées par les forces de sécurité dans les prisons turques. Très critique à l’égard des gouvernements successifs, elle s’est régulièrement élevée contre les exactions commises à l’encontre des minorités, nomment les Kurdes – ce qui lui a valu d’être accusée plusieurs fois de « dénigrement de l’Etat turc ».

En 1995, elle est emprisonnée pendant six mois pour avoir utilisé le terme « Kurdistan » dans un article. Elle a également été condamnée plusieurs fois pour avoir dénoncé les abus commis par l’armée turque. Son engagement ainsi que l’acharnement judiciaire dont elle fait l’objet (avec 143 procédures lancées contre elle par les autorités) lui ont valu plusieurs distinctions : Eren Keskin est membre d’honneur du Barreau de Paris, et a reçu en 2018 le Prix de la société civile d’Helsinki.

Elle est également lauréate du Prix Martin Ennals 2019, décerné par dix des plus importantes organisations de défense des droits humains en hommage à Martin Ennals, Secrétaire général d’Amnesty International.

Dans le cadre d’une campagne de solidarité organisée pour soutenir le journal pro kurde Özgür Gündem, elle a assumé la fonction de co-rédactrice en chef du quotidien de 2013 à 2016.

En raison de cette campagne, Eren Keskin est poursuivie en compagnie d’Asli Erdogan, romancière et éditorialiste à l’Özgür Gündem et Erol Önderoğlu, représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, et de nombreux autres défenseurs des droits humains. Les charges retenues sont notamment « association à un groupe terroriste », « atteinte à l’unité nationale » et « incitation publique au crime ». Elle a été condamnée le 30 mars 2018 à 7 ans et demi de prison pour des articles écrits dans ce journal.

[...]

Le 21 mai 2019, Eren Keskin a été, à nouveau, condamnée à 3 ans et 9 mois d’emprisonnement pour « propagande au nom d’une organisation terroriste », toujours pour son soutien au  journal Özgür Gündem.

C’est un véritable harcèlement judiciaire dont fait l’objet Eren Keskin : au 20 mars 2018, elle avait d’ores et déjà été condamnée dans 49 dossiers, dont 6 condamnations à des peines de prison et en dernier ressort. Ces 6 condamnations ont été remplacées par des peines de jour-amendes (9 541 euros au total). Pour 40 autres dossiers portant sur une condamnation totale de 5 ans de prison (jour-amendes équivalent à 69 347 €), les appels sont en cours d’examen. Elle a été acquittée dans 3 dossiers.

Lors de l’audience du 21 mai 2019, qui s’est tenue devant le 14ème Tribunal pénal d’Istanbul, Eren Keskin a déclaré : « Je soutiens la liberté de pensée et d’expression. Je suis devenue rédactrice en chef parce que je soutenais la liberté de publication. Je ne crois pas avoir commis un crime. Je ne crois pas non plus que cette pensée soit un crime. Je demande mon acquittement. »

L’OIAD apporte son entier soutien à Eren Keskin ainsi qu’à l’ensemble des avocats en Turquie qui subissent la répression du régime.

L’OIAD condamne fermement les poursuites engagées contre Eren Keskin visant à punir cette dernière pour ses prises de position. Nous exhortons les autorités turques à se conformer aux Principes de base relatifs au rôle du barreau, aux termes desquels « les avocats, comme tous les autres citoyens, doivent jouir de la liberté d’expression, de croyance, d’association et de réunion. » (Principe n° 23)

L’OIAD demeure préoccupé par les procédures disciplinaires lancées à l’encontre d’Eren Keskin par le Barreau d’Istanbul, suites à des demandes formulées par les conseils du président turc.

L’OIAD entend poursuivre sa mobilisation en faveur des avocats en Turquie notamment défenseurs des droits de l’homme.

L’OIAD appelle une nouvelle fois à cesser toutes tentatives d’intimidation à l’encontre des avocats attachés au respect des libertés individuelles et des droits fondamentaux.