Rechercher par
Iran

Nasrin Sotoudeh

Avocat Iran
Emprisonné

Soutenez Nasrin Sotoudeh

Causes défendues :

Une avocate iranienne emprisonnée incommunicado et condamnée en son absence à 33 ans d’emprisonnement et 148 coups de fouet.

Mardi 12 mars 2019.

Nasrin Sotoudeh est une avocate iranienne connue notamment pour avoir défendu des femmes ayant ôté leur hijab pour protester contre son port obligatoire. Son engagement lui a valu d’être lauréate en 2012 du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, décerné par le Parlement européen, et, en 2018, du Prix international des droits de l’Homme Ludovic Trarieux.

Nasrin Sotoudeh avait été arrêtée à son domicile le 13 juin 2018. Elle est depuis détenue incommunicado à la prison d’Evin, à Téhéran.

Hier lundi 11 mars, le juge Mohammad Moghiseh, président de la 28ème branche du Tribunal révolutionnaire de Téhéran, déclarait à l’agence de presse semi-officielle Isna que Nasrin Sotoudeh avait été condamnée à 7 ans d’emprisonnement : 5 ans pour « complot contre le système » et 2 ans pour « insulte au Guide suprême ».

Toutefois, le même jour, Reza Khandan, mari de Nasrin Sotoudeh, annonçait dans un message publié sur Facebook que la peine à laquelle aurait été condamnée l’avocate serait en réalité beaucoup plus lourde : 33 ans d’emprisonnement et 148 coups de fouet, prononcés sur le fondement de 7 chefs d’accusation. Cette information a été transmise à Nasrin Sotoudeh par le Bureau de la mise en œuvre des peines de la prison d’Evin, où elle est incarcérée. [...]

Son procès, dénoncé par de nombreuses organisations comme non-conforme aux standards internationaux du procès équitable, s’est déroulé en son absence : Me Sotoudeh a refusé d’y assister afin de protester contre l’interdiction qui lui a été faite de choisir librement son conseil. Les autorités iraniennes ont en effet établi, l’année dernière, une liste de 20 avocats auxquels les personnes accusées de « crimes contre la sécurité nationale » sont obligées de recourir.

Me Sotoudeh avait été informée de la teneur des accusations dirigées contre elle après son arrestation en juin 2018. Ce n’est qu’après avoir été emmenée en prison qu’elle avait également appris sa condamnation à 5 ans de détention en vertu d’une décision prise en 2015, en son absence, par le juge Mohammad Moghiseh.

Le jugement qui vient de frapper Me Sotoudeh n’est qu’une étape de plus dans la longue répression subie par l’avocate. Elle avait en effet été emprisonnée entre 2010 et 2013 pour avoir défendu des prisonniers politiques. Il lui est en outre interdit de quitter l’Iran jusqu’en 2022.

Son mari, Reza Khandan, a pour sa part été condamné en janvier 2019 à 6 ans de prison, notamment pour avoir posté sur Facebook des nouvelles de sa femme emprisonnée.

L’OIAD exprime son indignation et condamne fermement la peine disproportionnée infligée à Nasrin Sotoudeh ainsi que le recours aux châtiments corporels.

L’OIAD appelle les autorités iraniennes à respecter les Principes de base relatifs au rôle du barreau, adoptés par les Nations-Unis à la Havane en 1990, qui prévoient que :

« Les pouvoirs publics veillent à ce que les avocats a) puissent s’acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue; b) puissent voyager et consulter leurs clients librement, dans le pays comme à l’étranger; et c) ne fassent pas l’objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie. » (Principe n° 16).

L’OIAD exhorte les autorités iraniennes à libérer immédiatement et sans condition Nasrin Sotoudeh, tout comme son confrère Amir Salar Davoodi et l’ensemble des avocats victimes de la répression du régime de Téhéran.